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Politique, Société

L’Angola fête dix ans de paix

Le 4 avril dernier, l’Angola a célébré le dixième anniversaire de la fin de la guerre civile dans le pays. Point d’orgue des cérémonies officielles, le président de la République, José Eduardo Dos Santos, a effectué un déplacement en grande pompe à Luena dans la province de Moxico, à l’est du pays.

Partout dans le pays, des concerts, des rassemblements et des défilés étaient organisés. Au-delà des festivités, cette date était l’occasion de faire un bilan du développement du pays.

La photo a été prise près de la Place de l’Indépendance à Luanda à la fin des commémorations. Elle présente le président de la République en « architecte de la paix ».

 

 

Dans les rues de Luanda, les Angolais oscillent entre espoir et amertume:

Ecoutez le reportage diffusé sur RFI

Malgré dix années de paix, les traces de la guerre sont encore visibles sur l’AFP:

L’Angola fête dix ans de paix depuis la fin de la guerre civile

LUANDA, 2 avr 2012 (AFP) – L’Angola célèbre mercredi le 10ème anniversaire de la fin de la guerre civile avec des marches et concerts à la gloire du président José Eduardo Dos Santos, présenté comme le pacificateur et le reconstructeur du pays. Temps fort des célébrations, Dos Santos, également chef du parti au pouvoir, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), doit inaugurer un monument pour la paix à Luena, la capitale de la province de Moxico (sud-est).

C’est près de cette ville qu’a été tué, le 22 février 2002, Jonas Savimbi, le leader des forces rebelles de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita). Sa mort avait mis un terme à 27 ans de guerre civile, permettant la signature le 4 avril 2002 d’un cessez-le-feu à Luanda, la capitale, secouée par 42 ans de combats commencés avec l’insurrection contre le Portugal en 1961.

A l’indépendance en 1975, le pays a basculé dans la guerre civile, qui a opposé le MPLA, originaire de Luanda et soutenu par Cuba et l’Union Soviétique, à une alliance Unita-Front national de libération de l’Angola (FNLA), aidée par les Etats-Unis et le régime de l’apartheid en Afrique du Sud. Après avoir été un champ de bataille l’affrontement Est-Ouest, les deux camps signent sous la pression internationale un accord de paix le 31 mai 1991 qui prévoit la tenue d’élections avant la fin de l’année 1992. Le MPLA arrive en tête du scrutin faisant de Dos Santos, le président du pays.

Contestant ce résultat, le chef de l’Unita Jonas Savimbi reprend les armes, se finançant grâce à l’exploitation des mines de diamants, jusqu’à ce que son décès dans une fusillade avec les forces gouvernementales angolaises, signe la fin du conflit.

Ce dernier a fait un demi-million de victimes et provoqué le déplacement de 4 millions de personnes dans un pays de 18 millions d’habitants environ. Il laisse le pays exsangue avec une grande partie de ses routes, infrastructures et villes détruites.

Dix ans après la fin de la guerre et malgré un développement économique certain, l’Angola porte encore les stigmates du conflit, et la paix n’est pas revenue dans l’enclave du Cabinda, foyer de tensions séparatistes. Le pays est l’un des plus touchés au monde par les mines et les restes d’explosifs de guerre. Selon l’Observatoire internationale des mines et des armes à sous-munitions, près de 2,4 millions de personnes, soit environ 17% de la population, vivent dans une zone à risque en raison de la présence de mines.

Preuve de l’ampleur du travail de déminage restant à accomplir, le pays a demandé le 31 mars dernier un report du délai d’exécution de la Convention d’Ottawa, traité international sur l’éradication des mines, qui imposait à Luanda d’avoir nettoyé l’ensemble du pays de ses engins explosifs avant la fin de l’année 2013.

« Un autre héritage de la guerre est le manque d’efficacité des politiques publiques, qui n’étaient pas la priorité pendant le conflit », estime Markus Weimer, spécialiste de l’Angola à l’Institut de recherche Chatham House de Londres. De même, l’actuelle faiblesse du niveau d’éducation de la population résulte de l’incapacité de toute une génération d’Angolais à suivre des études durant la guerre, ajoute l’expert.

Pour le sociologue angolais Joao Baptista Lukombo Nzatuzola, la vie politique reste très marquée par le conflit, comme en témoigne la forte culture du chef et la réticence au débat interne dans l’ensemble des partis. « On peut parler d’un blocage mental face au débat contradictoire », explique-t-il, citant l’absence de véritables primaires au sein des partis mais aussi la répression des manifestations organisées depuis un an par des jeunes hostiles au président, au pouvoir depuis 33 ans et âgé de bientôt 70 ans.

Les protestataires dénoncent l’absence de démocratie, la corruption du régime et la pauvreté endémique indigne d’un pays pétrolier. Sur le plan politique, les tensions se cristallisent autour de la nomination de Suzana Inglês, proche du MPLA, à la tête de la commission électorale chargée d’organiser les prochaines élections législatives prévues en septembre. Ce scrutin sera le troisième depuis 1975, après celui de 1992 et celui de 2008 qui a vu le MPLA remporter plus de 80% des sièges de députés.

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