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Elections, Politique

La présidente de la Commission électorale contrainte au départ

Mi-mai, le Tribunal suprême d’Angola a annulé la nomination de Suzana Inglês (ci-contre) à la tête de la commission nationale électorale (CNE), l’organe chargé d’organiser les prochaines élections législatives, prévues pour août. Une décision inédite.

Pour la justice angolaise, le choix de Mme Inglês ne respecte pas les conditions imposées par la loi, car cette proche du pouvoir n’est pas magistrate. Une victoire pour l’opposition, le PRS et l’Unita notamment, qui contestait cette nomination.

L’annonce de cette décision sur l’AFP :

LUANDA, 17 mai 2012 (AFP) – La justice angolaise a annulé la nomination de Suzana Inglês au poste de présidente de la Commission nationale électorale (CNE), a-t-on appris jeudi auprès des partis d’opposition à l’origine de plaintes contre cette nomination. « Le Tribunal Suprême a estimé que notre requête était justifiée et que la nomination de Suzana Inglês était illégale », a indiqué Clarisse Kaputu, députée de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita), le principal parti d’opposition. « De fait Mme Inglês n’est pas magistrate alors que c’est l’une des conditions imposées par la loi pour prendre la tête de la CNE », a expliqué la députée.

L’Angola doit organiser en septembre prochain des élections législatives, les troisièmes seulement depuis  l’indépendance du pays en 1975. « Cette décision montre qu’il est fondamental que les organes de l’Etat, comme le parti au pouvoir, respectent la loi », a commenté Eduardo Kuangana, le président du Parti de la rénovation sociale (PRS), qui avait déposé une plainte conjointe avec l’Unita.

« Avec cette décision, le Tribunal Suprême annule la nomination de Suzana Inglês mais aussi le processus qui a conduit à sa nomination, il va y avoir une nouvelle élection », a souligné Filomeno Viera Lopes, le secrétaire général du Bloc démocratique, petit parti d’opposition auteur d’une plainte séparée contre M. Inglês. Soulignant que cette dernière a la possibilité de contester la décision, M. Lopes s’est toutefois réjoui de voir que « la pression des partis politiques et de la rue fonctionne ».

La décision du Tribunal Suprême intervient juste avant l’organisation d’une manifestation samedi par l’Unita en faveur de la démocratie. Depuis plusieurs mois, l’opposition et la société civile demandent un scrutin juste et libre, dénonçant la nomination de Suzana Inglês, réputée proche du parti au pouvoir, à la tête de la CNE et contestant le président José Eduardo Dos Santos, à la tête du pays depuis 1979. Lors du dernier scrutin en 2008, le parti de M. Dos Santos, le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola, avait remporté près de 81% des suffrages. Selon la Constitution angolaise, le chef du parti vainqueur de l’élection devient président de la République.

Les conséquences de cette décision expliquées sur RFI : 

A la une de Jornal de Angola du 18 mai, la décision du tribunal a surtout provoqué la joie des partis de l’opposition. Ces derniers, dont le principal l’Unita, se battait depuis des mois pour obtenir le départ de Suzana Inglês, réputée proche du pouvoir, le MPLA, et dont la nomination est, selon elle, entachée d’irrégularités.

Pression du Parlement et manifestations n’ont pas suffi à faire tomber l’avocate. L’opposition avait alors mené l’offensive sur le terrain juridique. Aujourd’hui, alors que la justice lui donne raison, cette décision sonne comme une victoire pour l’opposition, Unita en tête. Un succès sur lequel le parti veut surfer. Il a décidé de maintenir la manifestation prévue ce samedi 19 mai et annoncée il y une semaine pour exiger du Tribunal qu’il rende sa décision.

Revers pour le pouvoir, la décision du Tribunal pourrait toutefois le servir sur le plan politique. D’une part, parce que le MPLA a reçu la décision avec responsabilité, affirmant qu’il allait au plus vite nommer un nouveau président pour ne pas perturber l’organisation des élections. D’autre part, parce qu’avec cette décision, il fait la preuve de l’indépendance de la justice en Angola. Une façon de démentir la critique récurrente d’une mainmise du régime sur les institutions de l’Etat.

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