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Politique, Société

Les anciens militaires défient le pouvoir pour leur retraite

Depuis leurs tentatives de manifestations, les anciens militaires ont entamé un bras de fer avec le pouvoir. Ils veulent obtenir le paiement de leur prime de démobilisation et l’attribution d’une retraite mensuelle pour assurer la subsistance de leur famille.

Dernier rebondissement, ils menacent de perturber les prochaines élections s’ils n’obtiennent pas gain de cause.

Pour comprendre le problème, lisez l’article publié sur l’AFP :

LUANDA — Dix ans après la fin de la guerre civile, les anciens combattants angolais menacent d’empêcher la tenue des élections générales du 31 août prochain afin d’obtenir du pouvoir des primes de démobilisation et une retraite. « Nous sommes fatigués et frustrés d’attendre. Si le gouvernement ne nous répond pas avant les élections, nous les empêcherons de se tenir », promet Henriques Afonso Fula, 52 ans et membre du groupe des ex-FAPLA non démobilisés, qui rassemble 4.000 hommes à Luanda.

La menace est prise au sérieux, en raison du nombre de personnes concernées et de leur présence sur l’ensemble du territoire. Issus des forces armées des trois mouvements de libération nationale (MPLA, Unita et FNLA), ils seraient environ 40.000 dans le pays — sur 18 millions d’habitants –, selon Silva Mateus, général à la retraite qui a envoyé une lettre au président de la République pour appuyer la demande des vétérans.

« Les anciens militaires demandent au gouvernement de reconnaître les sacrifices faits pour le pays en leur assurant un moyen de subsistance », plaide M. Mateus. A plusieurs reprises au mois de juin, ces anciens soldats et sous-officiers, qui ont combattu entre 1975 et 2002, ont marché vers le ministère de la défense et le Palais présidentiel, avant d’être dispersés par les forces de police et militaires. Ces descentes dans la rue d’ex-militaires sont inédites en Angola, pays qui a connu ses premières manifestations il y a un peu plus d’un an avec des rassemblements de jeunes demandant le départ du président de la République, José Eduardo Dos Santos, au pouvoir depuis 33 ans.

Pour Serra Bango, de l’association Justice Paix et Démocratie, ce mouvement de contestation fait peur au pouvoir car il pourrait en alimenter d’autres, les revendications sociales des anciens militaires trouvant un écho favorable au sein de la population confrontée elle aussi au chômage, à la précarité et à la cherté de la vie en Angola. « Ces protestations sont aussi la preuve d’un début de prise de conscience par les citoyens de leurs droits et de la façon dont ils peuvent les faire valoir, la manifestation, droit garanti par la Constitution, étant un de ces moyens », analyse M. Bango.

Appel au calme des autorités

« J’ai été démobilisé en 1992, après la signature des accords de Bicesse. A cette époque, le gouvernement nous a promis des garanties financières et une aide à la réinsertion professionnelle », raconte Rodrigo José Pessoa, 44 ans, ancien soldat des FAPLA, les forces armées du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), le parti au pouvoir. « Mais jusqu’à aujourd’hui, je n’ai rien reçu», souligne ce père de sept enfants qui doit faire vivre sa famille avec son seul salaire d’ouvrier du bâtiment. « On ne fait que deux repas par jour, on économise l’eau au maximum et si quelqu’un tombe malade, je dois demander de l’aide à ma famille pour payer le médecin», confie-t-il.

Une bataille au quotidien que partage l’ensemble des anciens soldats, une grande partie n’ayant toujours pas été officiellement démobilisée, ce qui complique encore plus leur recherche d’emploi. Outre le paiement des primes de démobilisation, les ex-militaires veulent bénéficier d’une retraite mensuelle, un droit uniquement accordé aux officiers supérieurs, inscrits à une caisse sociale, et aux personnes handicapées à cause de la guerre.

« Cet argent n’est pas pour nous, qui sommes vieux et avons perdu notre temps au combat, il servirait à payer l’école de nos enfants pour qu’ils étudient et aient un avenir », explique Lino Manuel, 56 ans, ancien sergent dont la jambe droite, touchée lors de la guerre, le fait encore souffrir. Et les anciens militaires de souligner que le pays, en pleine reconstruction et riche d’une manne pétrolière, a les moyens de payer ces retraites.

Pour calmer le jeu, le ministère de la défense et l’état-major des Forces armées angolaises (FAA) ont assuré avoir pris les mesures nécessaires, appelant les anciens militaires au calme et à la compréhension. Le paiement des primes de démobilisation (550 dollars par personne), interrompu depuis 2007, a ainsi repris dans une unité de la police militaire à Luanda. Mais aucune réponse n’a encore été donnée sur la question des retraites.

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