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Economie

Fraude et évasion fiscales en débat à Luanda

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Il n’y a pas qu’à la réunion du G8 en Irlande que l’on parle d’argent sale.

Le sujet a fait l’objet d’une conférence aujourd’hui à Luanda.

Elle était organisée par l’association Norwegian Church Aid (NCA) et l’Université catholique d’Angola.

Débat sur les montants des flux de capitaux illicites en Angola et en Afrique, sur les mécanismes de circulation de cet argent et sur les conséquences pour les pays en développement.

Illustration : empruntée à l’ONG Transparency International.

Le compte-rendu avec la dépêche AFP : 

Les flux financiers illicites angolais se sont chiffrés à 483 millions de dollars par an en moyenne durant la dernière décennie, a estimé mardi l’ONG américaine Global Financial Integrity, durant une conférence sur la fraude et l’évasion fiscale à Luanda. En 2010, le montant des capitaux illicites en Afrique était de 43 milliards de dollars dont 181 millions pour l’Angola, mais ce chiffre a atteint 483 millions de dollars par an si l’on fait une moyenne sur les dix dernières années », a indiqué Tom Cardamone, son directeur général. Sur la période 1980-2009, ces mouvements de capitaux illégaux ont représenté 9,5% du PIB national, a ajouté M. Cardamone.

« Ces fuites de capitaux accroissent les inégalités sociales car ce sont les élites au pouvoir qui en bénéficient le plus », a souligné Alves da Rocha, professeur d’économie de l’Université catholique angolaise, organisatrice de la conférence. « Tout le monde se souvient de la promesse du président de la République, il y a quatre ans, d’imposer une tolérance zéro face à la corruption mais depuis aucun cas n »a été identifié, rendu public, ni jugé », a ajouté l’économiste, qui estime que la corruption représente 5% du PIB angolais.

« Les efforts de l’exécutif angolais ont permis de faire chuter les sorties anormales de capitaux de 1,64 milliard de dollars en 2007 à 17,5 millions en 2011 », a cependant indiqué Joao Boa Francisco Quipipa, représentant du ministère des finances angolais, citant des chiffres de la banque centrale.

« Il y a certains pays qui sont plus perméables à l’entrée de ce type de capitaux », a avancé un autre intervenant, Paulo de Morais, le vice-président de l’association portugaise TIAC pour la transparence et l’intégrité. « Le capital angolais qui arrive au Portugal sert majoritairement à acheter des participations dans des entreprises portugaises et non à financer des investissements productifs », a-t-il ajouté, soulignant les risques de circulation d’argent sale.

Les associations anti-corruption dénoncent régulièrement l’opacité qui règne en Angola, classé à la 157e position sur 176 dans le dernier classement sur la perception de la corruption de l’organisation Transparency. Deuxième producteur de pétrole en Afrique derrière le Nigeria, le pays a affiché un taux de croissance moyen de 10% par an sur la dernière décennie. Mais les deux-tiers de la population vivent avec moins de 2 dollars par jour et le taux de chômage atteint 30%.

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