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Economie, Politique

La famille dos Santos confirme son emprise sur l’Angola

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Quelles réactions après l’arrivée du fils du président à la tête du fonds souverain ?

Pourquoi a-t-il été choisi pour diriger cette institution financière ?

Illustration : José Eduardo et Isabel dos Santos en août 2012 à Luanda.

Eléments de réponse avec cette dépêche AFP :

La nomination d’un des fils du président José Eduardo dos Santos à la tête du nouveau fonds souverain angolais, alimenté par les revenus pétroliers, illustre la mainmise croissante de la famille présidentielle et de quelques proches sur l’ensemble des sphères du pouvoir.

A 35 ans, José Filomeno de Sousa dos Santos, dit « Zénu », prend la tête du fonds souverain lancé en octobre 2012 pour investir dans le développement du pays, dont le capital initial de 5 milliards de dollars doit être abondé chaque année de 3,5 milliards supplémentaires issus des recettes de la vente du pétrole. « Cette nomination confirme l’omniprésence de la famille dos Santos en Angola mais elle montre aussi que la campagne pour faire du fils du président son successeur a commencé », souligne Marcolino Moco, ancien Premier ministre et rare figure du parti au pouvoir à s’exprimer sur la vie politique. Annoncée vendredi via un communiqué du fonds souverain, cette nomination, éventée depuis plusieurs semaines, a été peu commentée dans la presse angolaise et la présidence n’a pas souhaité s’exprimer à ce sujet.

Au pouvoir depuis trente-trois ans, le président angolais dispose d’un contrôle total sur l’armée, le parti majoritaire (le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola) et l’ensemble des institutions étatiques. Sans oublier l’appui de très proches, presque membres de la famille: son vice-président, Manuel Vicente, qu’il a propulsé lui-même au poste de numéro deux du régime, est le parrain de sa fille aînée Isabel, et son ancien conseiller économique, Armando Manuel, est devenu en mai ministre des Finances.

Conserver le pouvoir

« La logique de José Eduardo dos Santos consiste à contrôler l’argent pour conserver le pouvoir, ce qui explique qu’il place des membres de sa famille ou de gens très proches de lui là où se trouve la richesse », avance Justino Pinto de Andrade, économiste et membre d’un petit parti d’opposition.

Mariée avec le collectionneur d’art congolais Sindika Dokolo, sa fille Isabel, surnommée la « princesse » a été classée, grâce à ses multiples participations dans des sociétés angolaises et portugaises, première femme africaine milliardaire par Forbes au début de l’année. Rien qu’en Angola, Isabel dos Santos, 40 ans, détient 25% du capital de la banque BIC, pour une valeur de 160 millions de dollars, et 25% d’Unitel, l’une des deux sociétés de téléphonie du pays, une participation valant à elle seule un milliard de dollars, selon le magazine américain.

L’épouse du président, l’ancienne hôtesse de l’air Ana Paula Cristovao de Lemos dos Santos, contrôle selon la presse locale plusieurs sociétés dans le secteur du diamant et du commerce, tandis qu’une ancienne compagne de M. dos Santos, Maria Luisa Abrantes, dirige la puissante Agence nationale d’investissement privé (Anip).

« A partir d’un certain volume d’affaires, il est impossible pour un étranger de s’implanter dans le pays sans être en lien avec un proche du pouvoir. Toutes les banques sans exception sont par exemple liées au régime », note Justino Pinto de Andrade. « Des membres de la famille présidentielle sont présents dans toutes les grandes entreprises du pays, Sonangol (pétrole), Endiama (diamants), TAAG (compagnie aérienne)… Le pouvoir réussit aussi à influencer le monde intellectuel notamment via la Fondation José Eduardo dos Santos et la Fondation Lwini, de la première dame », observe Lindo Bernardo Tito, vice-président du jeune parti d’opposition Casa.

Les médias et la culture n’échappent pas à cette emprise. Une autre fille du président, Welwitschia dos Santos –surnommée « Tchizé », mariée à un homme d’affaires portugais–, dirige l’une des chaînes de la télévision publique (TPA 2) et deux revues people. Elle et son jeune frère José Paulino, « Coreon Du » de son nom de chanteur, sont également à la tête de l’une des principales sociétés de production
audiovisuelle du pays, Semba Comunicaçao, qui conçoit nombre de publicités et programmes pour la télévision publique.

« Plus le père reste au pouvoir, plus l’omniprésence de la famille s’accroît, aucune autre n’égale l’importance des dos Santos dans le pays, c’est la famille suprême », commente Fernando Baxi, le rédacteur en chef de l’hebdomadaire satirique Folha 8. A son arrivée au pouvoir en 1979, José Eduardo dos Santos était marxiste, fraîchement formé en URSS.

La version résumée diffusée sur RFI :

A 35 ans, José Filomeno de Sousa dos Santos va diriger un fonds public d’investissement de 5 milliards de dollars. Cette nomination a été décidée par son père, le président José Eduardo dos Santos, et annoncée vendredi 21 juin. Et depuis, les critiques se multiplient contre une décision qui bafoue l’éthique et teintée de népotisme. Mais à Luanda, cette décision n’est pas une surprise.

C’est une nomination en forme de confirmation. Celle de l’emprise totale du clan dos Santos sur l’Angola. L’arrivée du fils du président dans les hautes sphères du pouvoir économique vient en effet parfaire un dispositif déjà très élaboré.

Au centre du système, José Eduardo dos Santos. Président depuis 33 ans, il contrôle l’armée, le parti majoritaire et l’ensemble des institutions étatiques. Centralisant à l’extrême le pouvoir, il est le seul et unique décisionnaire du régime. Autour du chef de famille, gravitent les enfants. Son aînée Isabel a été classée première femme africaine milliardaire par Forbes. Détenant 25 % d’un des deux opérateurs mobile du pays, des participations dans des banques et des sociétés, elle domine le monde des affaires.

Deux autres dos Santos ont investi les domaines médiatique et culturel. L’expansive «Tchizé» dirige la deuxième chaîne de télévision publique et deux revues «people». Quant au jeune José Paulino, «Coreon Du» de son nom de chanteur, il préside avec sa sœur l’une des plus importantes sociétés de production audiovisuelle du pays.

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