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Diplomatie, Politique

Le président angolais remet en cause la relation privilégiée avec le Portugal

thumbs.sapo.pt

L’annonce surprise a été faite mardi à l’Assemblée nationale par José Eduardo dos Santos.

Elle a eu lieu pendant un discours du président sur l’état de la Nation lors de l’ouverture de l’année parlementaire.

Le sujet a effacé le reste du discours dans lequel le président a défendu les progrès du pays depuis le retour de la paix.

Illustration: empruntée au Jornal de Angola.

Les détails avec la dépêche AFP :

Le président angolais José Eduardo dos Santos a remis en cause mardi à Luanda le renforcement annoncé des relations commerciales avec le Portugal, en raison de tensions entre les deux pays. « Avec le Portugal, malheureusement les choses ne vont pas bien », a déclaré M. dos Santos devant l’Assemblée nationale, lors de son discours sur l’état de la Nation prononcé pour l’ouverture de la session parlementaire. « Il y a eu des incompréhensions au niveau des plus hautes instances étatiques et le climat politique actuel n’encourage pas à mettre en oeuvre le partenariat stratégique annoncé précédemment », a ajouté le président angolais. L’Angola et le Portugal, son ancienne puissance coloniale, avaient annoncé en février le renforcement de leurs relations commerciales et la tenue d’un premier sommet bilatéral en 2014.

Tout en se disant « surpris » par les propos de M. dos Santos, le gouvernement portugais a aussitôt réaffirmé la « portée stratégique » de ses relations avec Luanda. « Le gouvernement réitère l’importance qu’il a attribuée et continue d’attribuer aux bons rapports entre le Portugal et l’Angola », a-t-il souligné dans un communiqué. Les relations entre les deux pays se sont tendues suite à la polémique provoquée à Lisbonne par des déclarations du nouveau ministre portugais des Affaires étrangères, Rui Machete. Dans un entretien accordé en septembre à la Radio nationale d’Angola, M. Machete avait présenté des « excuses diplomatiques » à Luanda pour une enquête ouverte par la justice portugaise à l’encontre de hauts responsables du régime
de Luanda.

Alors que l’opposition appelait à la démission du chef de la diplomatie, le Premier ministre Pedro Passos Coelho a pris sa défense en affirmant que M. Machete avait souhaité faire « un geste d’apaisement » envers l’Angola, mais il a reconnu que son ministre avait employé « une expression malheureuse ». Cette affaire menaçait les relations entre les deux pays depuis novembre 2012, quand la presse portugaise avait révélé l’ouverture d’une enquête pour fraude fiscale et blanchiment d’argent visant notamment le vice-président
angolais, Manuel Vicente.

Enquête sur des personnalités angolaises au Portugal

Le ministère public avait alors confirmé « l’existence d’une enquête criminelle contre des hauts dirigeants angolais », tout en précisant que personne n’avait été mis en examen. Plus largement, le renforcement des échanges commerciaux suscite des critiques. Une partie de l’opinion publique portugaise dénonce le laxisme de Lisbonne vis-à-vis du régime autoritaire du président angolais, au pouvoir depuis trente-quatre ans. Dans l’ancienne colonie, nombre d’Angolais accusent le Portugal d’exporter son chômage à Luanda et de ne pas jouer le jeu du transfert de compétences et de la formation lors des partenariats commerciaux.

« Il y a une confusion délibérément organisée par des organisations de pays occidentaux pour intimider les Africains souhaitant accumuler des actifs et accéder à la richesse. C’est ainsi que, d’une façon générale, il se crée l’idée que l’homme africain riche est corrompu ou doit être soupçonné de corruption », a affirmé le président angolais mardi. Des groupes angolais proches du pouvoir ont pris des participations importantes dans des secteurs cruciaux de l’économie portugaise tels que les banques, l’énergie et les  télécommunications.

Les partis de l’opposition et le président de l’association des industriels angolais ont pour leur part déploré les propos du chef de l’Etat angolais. Anciennes, les relations commerciales entre Lisbonne et Luanda n’ont cessé de se renforcer ces dernières années, dans un contexte de crise au Portugal et, au contraire, de forte croissance en Angola. Luanda vend son pétrole à Lisbonne et, en retour, lui achète des biens alimentaires et de consommation. Plus de 100.000 Portugais et près de 1.000 entreprises, notamment dans la construction, sont actuellement installées en Angola, premier débouché des exportations portugaises en dehors de l’Union européenne.

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