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Politique, Société

L’Angola dément toute interdiction de l’islam

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L’information fait le buzz depuis deux jours sur internet.

L’Angola aurait interdit la pratique de l’islam sur son territoire.

Une information démentie par les autorités.

Illustration : une mosquée dans le quartier de Viana à la périphérie de Luanda.

Récit d’un malentendu avec cet article publié sur Jeune Afrique :

La rumeur d’une interdiction de l’islam en Angola, pays de tradition catholique, a provoqué de la colère dans le monde musulman. Un emballement qui a pour toile de fond les difficultés de la communauté musulmane dans ce pays de tradition catholique.

Il n’aura fallu qu’une petite phrase pour enflammer le monde musulman. Tout est parti d’une malheureuse déclaration de la ministre angolaise de la Culture, Rosa Cruz e Silva. « Toutes les sectes qui figurent dans la liste publiée par le ministère de la Justice dans le Journal d’Angola [officiel, NDLR] sont interdites d’exercer leur culte et, par conséquent, elles doivent fermer leurs portes », a-t-elle indiqué, le 19 novembre dernier, lors de discussions au Parlement.

La ministre faisait référence à une liste de 194 organisations religieuses ayant vu leur demande de légalisation rejetée. Parmi elles, des églises évangéliques, pentecôtistes, des sectes, mais aussi – d’où le malentendu –  une organisation musulmane, la communauté islamique d’Angola. Une traduction approximative de la phrase rapportée par Angop, l’agence de presse angolaise officielle, avec un peu d’emballement, et voici l’interdiction de l’islam proclamée !

Depuis le début de la semaine, la pseudo information fait le buzz, reprise par des sites internet dans le monde entier. Les articles sensationnels annonçant que Luanda a interdit la pratique de l’islam sur son territoire se multiplient. Seul problème : tout est faux. Mais les critiques se déchaînent contre l’Angola. La décision du pays lusophone « est scandaleuse et doit être dénoncée dans les termes les plus vifs », a ainsi réagi depuis l’Arabie Saoudite l’Organisation de la coopération islamique (OCI), qui compte 57 membres.

Destructions de mosquées

Un incroyable pataquès qui a pour toile de fond les difficultés que rencontre ces derniers mois la communauté musulmane angolaise. Son représentant, David Ja, un ancien catholique converti à l’islam et devenu imam, dénonce des fermetures et même des destructions de mosquées. « Au niveau national, neuf mosquées ont été fermées par le gouvernement ces derniers mois et certaines ont même été détruites, comme dans la province de Moxico (est) au début du mois de septembre », déplore-t-il, soulignant que ces incidents se poursuivent encore à l’heure actuelle.

« À chaque fois, on ne nous donne aucune raison et nos tentatives de sollicitations des autorités locales comme nationales sont restées sans réponse », ajoute cet Angolais qui préside la communauté islamique depuis 2005. Les autorités expliquent, elles, que ces destructions sont légitimes, les mosquées n’ayant pas sollicité de permis de construire ou d’autres documents administratifs obligatoires. Mais pour beaucoup d’observateurs, elles sont liées à une réticence générale vis-à-vis de l’islam, très souvent associé à l’extrémisme et au terrorisme.

« Pas de guerre de religion »

Reste que Luanda a été contrainte de démentir toute interdiction du culte musulman. « Il n’y a pas en Angola une guerre contre la religion musulmane ni contre aucune autre religion », a annoncé un membre du ministère de la Culture, alors que la ministre était en déplacement en Espagne. Certes, l’organisation musulmane a vu sa demande d’autorisation rejetée. « Mais nous n’en sommes pas à prendre des mesures comme fermer des lieux de cultes, nous sommes dans une phase de discussions avec les institutions religieuses pour travailler à leur légalisation », a insisté Manuel Fernando, directeur de l’Institut national des affaires religieuses.

Dans la pratique, aucune des 194 congrégations religieuses ne semble avoir cessé ses activités, faisant valoir la liberté de religion inscrite dans la Constitution. C’est en tout cas l’argument mis en avant par David Ja, qui ne compte pas fermer les portes de ses mosquées. Et ce dernier de déplorer l’absence de soutien de la part des autres religions du pays.

La dépêche AFP pour le démenti officiel :

Un responsable du ministère angolais P1070382de la Culture a démenti mardi que l’islam ait été interdit dans le pays, une mise au point à l’encontre d’informations de presse et à des fermetures de mosquées. « Il n’y a pas en Angola une guerre contre la religion musulmane ni contre aucune autre religion », a déclaré à l’AFP Manuel Fernando, directeur de l’Institut national sur les affaires religieuses, une institution du ministère de la Culture.

« Il n’y a aucune orientation officielle visant à détruire ou à fermer des lieux de culte, quels qu’ils soient », a ajouté M. Fernando, répondant aux réactions de la colère enregistrées dans le monde musulman après le compte-rendu fait dans la presse de récentes déclarations de sa ministre Rosa Cruz e Silva laissant croire à une interdiction de l’islam.

En Angola, 83 églises, toutes chrétiennes, sont officiellement reconnues. Mais le ministère de la culture estime que près de 1.200 autres organisations religieuses y existent, qu’elles aient fait ou non leur demande de légalisation. Fin octobre le ministère de la Justice a rejeté des demandes déposées par 194 organisations religieuses – églises, sectes et autres congrégations – dont celle de la communauté islamique d’Angola, l’un des groupes musulmans actifs dans le pays. En théorie, cette décision oblige les églises à cesser leurs activités et à fermer mais, dans la pratique, peu d’entre elles s’y sont conformées, la majorité, dont la communauté musulmane, mettant en avant la liberté de religion garantie par la Constitution.

En parallèle, le représentant des musulmans en Angola, David Ja, dénonce depuis septembre les fermetures et certaines destructions de mosquées (photo) dans l’ensemble du pays, parlant de « persécution politique » et d' »intolérance religieuse ». « Une mosquée a été fermée la semaine dernière à Huambo (sud) et nous avons subi des pressions cette semaine concernant une mosquée de Luanda », a déclaré à l’AFP par téléphone l’imam angolais qui préside la communauté depuis 2005.

Selon le ministère de la Culture, ces fermetures ou destructions sont légales car motivées par l’absence de titre de propriété, d’autorisation de construction ou de documents officiels permettant d’ériger un édifice religieux. Les musulmans, originaires d’Afrique de l’Ouest ou Angolais convertis, seraient plusieurs centaines de milliers en Angola sur une population de quelque 18 millions d’habitants, selon le représentant de la communauté, un chiffre non confirmé par les autorités angolaises.

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