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Politique, Société

Un mort après des actes de protestation de l’opposition

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Voici le compte-rendu tardif de la journée de samedi.

L’Unita, principal parti d’opposition, avait convoqué une manifestation.

Casa, deuxième force politique de l’opposition, avait prévu une opération de placardage.

Le récit de cette journée avec la dépêche AFP :

Un militant d’un parti de l’opposition a été tué par la police angolaise samedi après une opération de placardage menée dans les rues de Luanda pour protester contre la mort de deux jeunes opposants
au régime du président José Eduardo dos Santos. « Un responsable de Casa, qui collait des affiches avec sept autres militants dans le quartier de Coqueiros, a été tué tôt ce (samedi) matin par l’unité de sécurité présidentielle », a indiqué par téléphone à l’AFP le président du parti Convergence ample de sauvetage de l’Angola, Abel Chivukuvuku.

« Nous déplorons profondément cet incident grave », a déclaré dans la soirée le porte-parole de la police nationale, Aristofanes dos Santos, expliquant que le militant, interpellé avec sept autres personnes, avait tenté de fuir pendant son transfert vers le poste de police. L’un des policiers a tiré et touché le jeune homme, qui a aussitôt été transféré à l’hôpital et reçu tous les soins nécessaires mais n’a pu être sauvé, a ajouté le porte-parole. Une soixantaine de militants qui travaillaient comme lui ont aussi été détenus par la police, selon la formation Casa, deuxième parti d’opposition en Angola.

La police a parallèlement dispersé à l’aide de gaz lacrymogènes une manifestation organisée samedi par le premier parti d’opposition angolais, l’Unita, pour dénoncer la mort des deux opposants. Un important dispositif policier avait été déployé dans la capitale, avec canons à eau, policiers à cheval et un hélicoptère, face à des manifestants en T-shirts portant l’inscription « Stop aux enlèvements et aux tortures » ou brandissant la Constitution angolaise qui garantit le droit de manifester.

En marge de la manifestation, également suivie dans d’autres provinces du pays, la police a indiqué avoir procédé à 292 interpellations, relâchant les militants après avoir vérifié leur identité. « Ce n’est pas le droit de manifester qui est remis en cause mais le droit à la sécurité et l’ordre publics », a encore déclaré le porte-parole de la police.

L’opposition avait organisé ces actions pour protester contre la mort de deux jeunes Angolais, Isaias Cassule et Alves Kamulingue, disparus en mai 2012 alors qu’ils tentaient d’organiser une manifestation contre le pouvoir. Après des mois de silence, la justice angolaise a annoncé la semaine dernière avoir identifié quatre personnes suspectées d’avoir kidnappé et probablement tué les deux jeunes hommes. Selon des informations circulant sur les réseaux sociaux, certaines appartiendraient aux services de renseignement
angolais. Le parti au pouvoir, le MPLA, avait au préalable fermement condamné l’appel à manifester de l’Unita, accusant le parti de vouloir créer « le chaos et l’anarchie ».

Au pouvoir depuis 1979, le président José Eduardo dos Santos a été largement réélu pour cinq ans en août 2012, malgré une contestation sociale croissante. Sorti dévasté d’une violente guerre civile en 2002, l’Angola connaît une forte croissance économique grâce à son pétrole, mais la majorité de sa population vit dans une grande pauvreté et les inégalités se creusent.

Le script du reportage radio diffusé sur RFI :

Ce samedi matin, ils étaient quelques centaines à vouloir marcher vers le centre-ville de Luanda. Certains militants de l’Unita avaient emporté la Constitution, qui garantit le droit de manifester. D’autres portaient des tee-shirts appelant à la fin des enlèvements et des tortures. Mais une fois de plus, le pouvoir était trop fort. « Des gaz lacrymogènes, des chevaux, des brigades canines, la police antiémeute et des unités à moto, ils ont fait fuir les gens… », déplore Alcidès Sakala, le porte-parole de l’Unita, le principal parti d’opposition.

L’Unita avait convoqué la manifestation pour protester contre la mort de deux opposants au régime. Après des mois de silence, la justice angolaise a fini par reconnaître qu’ils ont été enlevés et probablement tués. Des membres des services secrets pourraient être impliqués.

Une belle occasion pour rappeler le mécontentement croissant contre le régime du président angolais. « Nous n’avons pas seulement reçu des messages d’encouragement, mais bien l’approbation des autres partis politiques. Et nous savons qu’il y a beaucoup de membres du MPLA qui nous soutiennent », affirme Isaias Samakuva, le président de l’Unita.

Reste qu’il est trop tôt pour parler de victoire pour l’opposition. Car sur le terrain, ce ras-le-bol ne se voit pas. Et ce samedi matin un autre parti, créé par un dissident de l’Unita, a annoncé que l’un de ses militants avait été tué par une unité de sécurité présidentielle lors d’une autre action de protestation.

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