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International

L’Angola travaille son image internationale

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La semaine dernière, l’Angola a été élu membre non-permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU.

Avec le Venezuela, la Malaisie, la Nouvelle-Zélande et l’Espagne, le pays prendra sa fonction au début de l’année prochaine pour deux ans.

C’est une grande victoire pour la diplomatie angolaise, qui faisait campagne depuis longtemps pour cette place.

Cette élection est le résultat d’une stratégie du pays pour changer son image sur la scène mondiale.

Illustration empruntée à SPENCER PLATT / AFP.

Les explications avec la dépêche AFP :

L’élection de l’Angola comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU le 16 octobre illustre la volonté du pays d’améliorer son image sur la scène internationale et de renforcer la stature de son président José Eduardo dos Santos. Luanda a aussi annoncé, quelques jours avant le vote de l’Assemblée générale de l’ONU, sa volonté de participer à la mission de maintien de la paix en République Centrafricaine, une première dans l’histoire du pays et un revirement dans sa politique extérieure.

« L’action angolaise auprès de l’ONU doit beaucoup à la volonté du président dos Santos de laisser un héritage, celui d’avoir transformé un pays miné par la guerre en un acteur régional avec des ambitions mondiales », analyse Alex Vines, de l’institut londonien Chatham House. Marqué par une violente guerre civile entre 1975 et 2002, l’Angola est aujourd’hui le deuxième producteur de pétrole du continent africain. Grâce à son or noir, il a lancé une vaste politique de reconstruction des infrastructures et connaît un fort développement économique.

La mort du chef de la rébellion de l’Unita, Jonas Savimbi, tué par les forces de José Eduardo dos Santos en février 2002 a mis fin aux combats. Depuis, le président angolais, au pouvoir depuis 1979 et réélu pour cinq ans en 2012, est présenté comme « l’architecte de la paix ». « Il y a une volonté claire du pays de se poser comme un acteur clé de la résolution pacifique des conflits sur le continent africain », note Belarmino Van-Dunem, professeur à l’université Lusiada de Luanda, soulignant que cela renforce l’image du pays au niveau international.

Risque de tensions

Pour le ministre des Relations Extérieures, Georges Rebelo Chicoti, l’élection à l’ONU reconnaît le fait que « nous sommes un pays en plein développement et que nous avons la capacité de proposer des solutions ou de travailler avec les autres à la résolution des problèmes qui affectent le monde ». Cité par la presse angolaise, le ministre a ajouté que son gouvernement profiterait de cette « victoire » – l’Angola a été élu avec 190 voix sur 193 – pour « convaincre la communauté internationale de la réalité de la transition démocratique que le pays a mené ».

Fort du soutien de ses deux principaux partenaires commerciaux, les Etats-Unis et la Chine, l’Angola peut aussi compter sur l’appui du Brésil, de la Russie, d’Israël ou encore du Portugal. Et le président angolais s’est récemment rapproché de son homologue sud-africain, Jacob Zuma. « Les Angolais sont le plus flexible possible sur le plan diplomatique afin de défendre au mieux leurs intérêts », explique le spécialiste de l’Angola, Alex Vines. Ces dernières années, le pays refusait notamment d’envoyer des troupes sur le sol étranger, limitant son action diplomatique à l’octroi d’aide financière ou humanitaire et à de la formation militaire. La participation à la mission de l’ONU en Centrafrique donc est un tournant.

« Participer à de telles opérations comporte des risques, notamment celui de créer des tensions avec des pays qui ne sont pas dans la zone d’influence directe de l’Angola, comme le Nigeria et le Sénégal », avance l’historien Fernando Gamboa, qui se fait l’écho des réticences sur la scène intérieure. « L’Angola a encore beaucoup de problèmes internes à résoudre, il vaudrait mieux s’y atteler avant de penser à s’engager à l’étranger », ajoute-t-il. Malgré ses 1,7 million de barils de pétrole produits par jour, le pays peine à développer l’accès à l’eau, à l’électricité, à la santé et à l’éducation pour sa population dont une grande partie vit avec moins de deux dollars par jour.

Pour Alex Vines, malgré les considérables moyens financiers du pays, les ambitions angolaises pourraient être limitées par le nombre restreint de cadres disponibles et les lourdeurs administratives. Au niveau politique, l’annonce de la participation angolaise à la mission de l’ONU a suscité les critiques de l’opposition qui a dénoncé l’absence de consultation préalable du Parlement comme le prévoit pourtant la Constitution.

 

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