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Diplomatie

L’Angola condamne les déclarations de l’ONU sur la secte Kalupeteka

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Luanda est agacée par les commentaires des Nations-Unies et elle le fait savoir.

Vendredi soir un communiqué du gouvernement a réagi aux déclarations du Haut commissariat aux droits de l’homme à propos des violences commises contre une secte mi-avril.

Le 12 mai dernier, Rupert Colville, le porte-parole du Haut Commissariat, avait relayé les cris d’alerte des partis de l’opposition et de la société civile dénonçant un massacre par la police de fidèles de la secte évangélique « La Lumière du monde ».

Le détail avec la dépêche AFP :

L’Angola a condamné les déclarations d’un responsable de l’ONU au sujet de violences commises contre une secte mi-avril, demandant de présenter des preuves ou des excuses officielles, a rapporté samedi la presse gouvernementale. « Le gouvernement angolais presse le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme de fournir des preuves appuyant ses déclarations ou de se rétracter immédiatement en présentant des excuses officielles », a indiqué l’agence de presse Angop, citant un communiqué gouvernemental.

Cette demande intervient après les déclarations, le 12 mai à Genève, du porte-parole du Haut Commissaire Rupert Colville, exhortant les autorités angolaises à conduire une enquête « sérieuse, indépendante et minutieuse » sur l’attitude de la police angolaise. Le 16 avril, la police s’est rendue dans la localité de São Pedro Sumé, où des centaines de membres de la secte vivent reclus, pour interpeller Julino Kalupeteka, le dirigeant du mouvement religieux illégal « Lumière du monde » car non reconnu par les autorités angolaises.

L’opération a fait 22 morts, 9 policiers et 13 civils, selon les autorités. Mais, l’opposition et la société civile contestent avec virulence ce bilan selon eux sous-estimé et dénoncent un « massacre » qui aurait fait des centaines, voire un millier, de victimes.

L’analyse de la situation diffusée sur RFI : 

Il ne manquait plus que les Nations unies s’en mêlent. Depuis un mois, ce qu’on appelle « l’affaire Kalupeteka » empoisonne la vie du gouvernement. Tout a commencé avec une opération de police dans la région de Huambo pour arrêter le chef d’une secte, José Julino Kalupeteka. Pour une raison inconnue, la situation dégénère et les deux camps en viennent aux armes. Bilan officiel : 22 morts, dont neuf policiers et treize fidèles.

Mais, très vite, l’opposition et la société civile contestent ces chiffres, largement sous-estimés. L’opération aurait fait des centaines de morts, plus d’un millier, selon l’Unita, le principal parti d’opposition et l’ennemi historique du parti au pouvoir, le MPLA. Ce dernier contre-attaque, accuse l’Unita de mentir et de vouloir créer de l’instabilité. Sauf qu’il commet une erreur : il bloque l’accès au site de l’opération pendant plus d’une semaine, laissant penser qu’il a des choses à cacher.

Dans ce contexte, la prise de position de l’ONU est une tentative d’appuyer la société civile qui demande une enquête indépendante pour enfin faire la lumière sur ce drame. Au regard de la réaction angolaise, elle vient de recevoir une cinglante fin de non-recevoir.

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