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Justice

Rafael Marques condamné à 6 mois de prison avec sursis

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Le verdict est tombé comme prévu en fin de matinée.

Au lieu de la relaxe espérée, Rafael Marques a été condamné par le tribunal.

Il va faire appel de la décision et l’affaire devrait donc être transmise au Tribunal Suprême.

Le journaliste n’a pas fait de déclaration à l’issue de l’audience, seulement plus tard par téléphone.

C’est une victoire pour les sept généraux qui avaient porté plainte.

Le résumé de cette affaire :

Le journaliste Rafael Marques, symbole de la lutte contre la corruption en Angola, a été condamné jeudi à six mois de prison avec sursis pour un livre accusant le régime de couvrir des violences contre les chercheurs de diamants dans le nord-est du pays. Poursuivi pour « dénonciation calomnieuse » par sept généraux, dont un proche du président José Eduardo dos Santos, le célèbre opposant s’est aussi vu ordonner de « retirer le livre de la vente, y compris sur internet, et de ne pas le rééditer ni le re-traduire », sous peine d’être incarcéré. La peine infligée par le tribunal provincial de Luanda est plus lourde que celle requise par le parquet en début de semaine, d’un mois avec sursis.

« Cette décision montre que ce sont les généraux qui commandent et qu’ils peuvent manipuler les choses à leur guise », a commenté Rafael Marques, qui dit avoir été « piégé ». Son avocat David Mendes a immédiatement annoncé qu’il ferait appel, ce qui a pour effet de suspendre la condamnation. « Tant que la décision est contestée, elle ne s’applique pas, ce qui veut dire que le livre va rester en circulation et que Rafael Marques peut, s’il le souhaite, le faire rééditer », a déclaré M. Mendes. L’ouvrage à l’origine de l’affaire, « Les Diamants du Sang : Torture et Corruption en Angola », a été publié au Portugal en 2011. Son auteur y accuse les généraux d’avoir cautionné des « crimes contre l’humanité » visant la population locale et commis par leurs sociétés minières et des compagnies de sécurité.

Le 21 mai, Rafael Marques s’était engagé à ne pas rééditer le livre et avait fourni des explications, un geste d’ouverture accepté par les avocats des généraux, qui avaient annoncé leur volonté de mettre un terme au processus. S’appuyant sur cette entente, le tribunal avait décidé d’abréger la procédure et de passer directement aux plaidoiries sans auditionner les témoins, laissant planer l’espoir, bien vite douché, d’une relaxe du journaliste. « Cela a permis aux généraux de ne pas être auditionnés et cela m’a empêché de présenter mes preuves et mes témoins », a dénoncé jeudi le journaliste.

Cinq déplacements pour rien

Huit personnes ont fait pour rien cinq fois le déplacement entre la région des Lundas (nord-est) et la capitale Luanda où était jugé Marques. « J’ai perdu deux fils à un an d’intervalle, tués par des membres des forces de sécurité, alors qu’ils cherchaient des diamants », a raconté à l’AFP, en marge de l’audience, Linda Moisés da Rosa, mère inconsolable et l’un des témoins clés de Rafael Marques. « Aujourd’hui encore, ils continuent à tuer des +garimpeiros+ (chercheurs de diamants) en disant qu’il ne faut pas toucher aux pierres car elles appartiennent au gouvernement », a-t-elle ajouté, entourée des chefs locaux représentant l’ethnie tchokwé.

Depuis le début du procès en mars, les organisations internationales de défense des droits de l’Homme ont multiplié les appels demandant l’abandon des charges contre Rafael Marques. Une pétition d’Amnesty International a recueilli plus de 10.000 signatures. Dans une lettre ouverte publiée avant le verdict, 50 organisations, dont Human Rights Watch, Amnesty International et Reporters sans frontières, ont affirmé que cette affaire reflétait « une dégradation de la situation de la liberté d’expression » dans le pays.

Fin 2012, les généraux avaient déjà porté plainte au Portugal contre Rafael Marques et sa maison d’édition Tinta da China pour diffamation. Début 2013, le dossier a été classé, la justice portugaise estimant que la publication du livre relevait de l’exercice de la liberté d’expression et d’information. La procédure se poursuit actuellement au civil, les généraux demandant 300.000 euros de dommages et intérêts au journaliste et à sa maison d’édition. Les généraux, dont le bras droit du président angolais, le général Manuel Helder Vieira Dias Junior « Kopelipa », ainsi que deux anciens commandants en chef de l’armée, reprochent à M. Marques de ne pas leur avoir donné la parole dans le livre dont ils contestent le contenu.

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