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Politique

13 jeunes opposants au régime arrêtés par la police

Luaty Okayplayer

L’opération a eu lieu samedi après-midi dans le centre de Luanda.

Au moins 13 jeunes opposants au régime, à l’origine de multiples appels à manifester, ont été arrêtés.

La police les accuse de préparer des actions qui génèreraient des troubles à l’ordre public et à la sécurité de l’Etat.

Illustration : le rappeur Luaty Beirao, l’un des jeunes à l’origine du mouvement contestataire en Angola.

Les premiers éléments de l’affaire avec la dépêche AFP :

La police angolaise a arrêté au moins 13 jeunes à l’origine de multiples appels à manifester contre le régime du président Jose Eduardo dos Santos, selon un communiqué diffusé dimanche, au lendemain de ce coup de filet visant notamment le rappeur Luaty Beirao. Sur les réseaux sociaux, les groupes d’activistes, dont le plus connu est le « Mouvement révolutionnaire », parlent eux de 20 arrestations, intervenues en marge d’une réunion de jeunes dans le centre de la capitale Luanda samedi après-midi.

Le communiqué du ministère de l’Intérieur indique pour sa part que son service d’enquête criminelle a interpellé « en flagrant délit 13 citoyens angolais qui s’apprêtaient à réaliser des actes visant à troubler l’ordre et la sécurité publique du pays ». La police n’était pas joignable dans l’immédiat pour fournir plus de détails sur les conditions de détention et la suite de la procédure visant ces jeunes. Il est rare que la police angolaise diffuse des communiqués sur un tel sujet, indice qu’il s’agit d’une affaire assez sérieuse.

Parmi les détenus, figurent notamment le rappeur Luaty Beirao, fer de lance du mouvement contestataire en Angola, et Manuel Nito Alves, emprisonné pendant plus de deux mois en 2013 pour avoir fait imprimer des tee-shirts hostiles au président dos Santos. Depuis mars 2011, ces jeunes lancent des appels à manifester pour demander le départ du président angolais, au pouvoir depuis plus de 35 ans, ainsi que de meilleures conditions de vie.

Les manifestations sont systématiquement interdites et réprimées par la police, le plus souvent dans la violence. Sorti de la guerre civile en 2002, l’Angola, deuxième producteur de pétrole du continent derrière le Nigeria, connaît une forte croissance économique mais plus de la moitié de sa population vit toujours avec moins de deux dollars par jour.

Le décryptage de cette information diffusé sur RFI :

La jeunesse contestataire angolaise est en émoi. Sur les réseaux sociaux, les uns cherchent à localiser leurs amis, les autres font tourner la liste des interpellés, tous sont en colère. Samedi 20 juin, dans l’après-midi, la police a frappé un grand coup. Elle a interpellé 13 jeunes opposants au régime, une vingtaine selon ces derniers. Motif invoqué : ces activistes, membres d’un groupe appelé « Mouvement révolutionnaire », s’apprêtaient à mener des actions mettant en péril la sécurité de l’Etat.

Fait inédit, le ministère de l’Intérieur a publié un communiqué pour annoncer ce coup de filet. Preuve que l’affaire est prise très au sérieux. Depuis le début de l’année, le pays, grand producteur de pétrole, est en difficulté à cause de la chute du prix de l’or noir. Touchée de plein fouet, la population est mécontente. Et le président, au pouvoir depuis plus de 35 ans, le sait. José Eduardo dos Santos veut éviter à tout prix des manifestations de jeunes qui pourraient séduire plus largement. Sa réaction musclée montre qu’il garde le contrôle de la situation. Mais elle révèle aussi une certaine fébrilité.

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